Bref j'ai essayé une Tesla.

Tesla S

MAJ : la suite de cet article est ici si vous voulez savoir la suite…

Préambule

Je n’aime pas les voitures. Si si c’est vrai. J’aime bien conduire, c’est pratique, c’est sympa, on peut avoir de la musique, etc. mais la partie qui consiste à lire des revues de voitures, aller au salon, me passionner pour une Porsche, une Audi ou autre Ferrari, franchement bof.

J’ai acheté en 2011 une Toyota Prius parce que je voulais une voiture hybride, consommant moins que ma voiture précédente (une Renault Scenic II) et surtout polluant moins (89g/km de CO₂) tout en restant pratique pour transporter deux enfants et les bagages.

J’en suis content mais clairement l’aspect esthétique (subjectif certes) et performances (comment dire, c’est un veau comme voiture) ne sont pas mes critères principaux. Ça donne une voiture moins nerveuse et plus chère mais ça me va. C’est d’une certaine manière le prix à payer (littéralement !) pour être un peu moins sale. D’autant que les voitures électriques en 2011 ne faisaient pas légion et avaient des autonomies faites uniquement pour l’urbain pur à la manière des Autolib.

Et puis vint Tesla…

Je ne vais pas refaire l’histoire de Tesla, fondée par un ancien de Paypal — Elon Musk — qui a utilisé son argent pour fonder deux sociétés principales : Tesla pour fabriquer des voitures (voir l’article de Wired ci-dessous) et SpaceX qui envoie des fusées dans l’espace.

Pour résumer, Tesla fait deux modèles de voiture, le modèle S qui nous intéresse là et le modèle X, qui serait disponible en 2016, les carnets de commande semblant assez complets de ce que j’ai pu lire. Le tout premier modèle, le Roadster deux places s’est assez peu vendu (2500 d’après le commercial Tesla) et n’est plus au catalogue. Le modèle X sera plus proche d’un SUV que d’une berline comme la S et ne m’intéresse pas — sans parler du prix qui devrait je pense être plus élevé.

Une voiture entièrement électrique étant pour moi le stade suivant dans ma recherche d’un véhicule peu voire non-polluant en terme de rejets — dont le CO₂ mais pas que — et de baisse de consommation de carburant fossile, j’ai regardé un peu le marché.

Les hybrides & électriques

Il y a maintenant pas mal d’hybrides ou d’électriques sur le marché : Toyota a poursuivi sa politique de conversion de gamme avec notamment les Yaris et Auris, Peugeot a sorti des hybrides diesel 1 et d’autres s’y mettent, notamment BMW (avec la i3 — électrique) et Volkswagen (avec la Golf GTE — électrique ou hybride).

BMW i3

La BMW est trop petite pour moi (deux enfants hein…) même si son autonomie est importante (160 km) mais insuffisante pour moi (je fais 100km par jour en moyenne donc c’est limite) et la VM est encore plus limitée (50 km en électrique mais on peut mettre un « prolongateur » (un moteur thermique quoi) pour recharger la batterie ; du coup, ledit moteur est plus petit et consomme très peu — 1.5 l/100 km et 35 g de CO₂). J’ai déjà eu une Golf et bof, pas envie de m’y remettre. La Renault Zoë est aussi trop petite et pas assez d’autonomie.

Golf GTE

Le modèle S

Arrive le fleuron de la gamme Tesla, le modèle S. Une grosse berline (quasiment 5 m), lourde (2.1 t) mais… superbe (souvenez vous, je n’aime pas les voitures), nerveuse (cf. la Prius au dessus) et chère (aïe-euh). Je l’ai longtemps ignorée, le prenant uniquement pour une voiture de luxe, compliquée à utiliser en France (peu de chargeurs rapides, etc.) mais quand même, elle est belle. J’en croise une sur la N118 un jour.

Tesla S

Des amis l’ont testée (Cédric Ingrand, Pierre Col et Jean-Michel Billaut notamment ainsi que Eric du blog Presse-citron), l’ont appréciée et en ont parlé. À un moment, un déclic s’est fait en moi et j’ai commencé à regarder, tout en étant persuadé que ce serait une folie vu le prix. À force de regarder le site, voir les prévisions d’installation de chargeurs rapides, l’idée fait son chemin.

Le coup de Jarnac

Il est venu d’un côté totalement inattendu : un jour rentrant chez moi, j’aperçois une Tesla garée et branchée chez mon voisin… belle bête il faut avouer. Puis le lendemain elle n’est plus là, ça devait être un ami de passage, je n’y pense plus, ledit voisin ayant toujours son 4x4/SUV Nissan, gros et polluant. Et paf, il y a un ou deux mois, revoilà la Tesla, encore branchée.

mais-euh

Discussion, il a effectivement vendu son affreux 4x4 pour acheter la Tesla qui en fait, était chez lui en test la fois précédente. Un modèle S 85 (mode propulsion — roues arrières motrices — avec un seul moteur). Et donc, maintenant, à peu près tous les soirs quand je rentre, une Tesla me nargue, la perfide. Il m’a même proposé gentimment de la tester mais nous n’avons pas encore trouvé le temps de le faire.

OK, celle ou celui qui pense à ce moment dans le billet — il est foutu ! — a probablement raison. Sur le principe oui, ce sera ma nouvelle voiture maintenant les modalités… le Diable est dans les détails comme on dit toujours.

La conduite

Je m’inscris donc à un événement Tesla qui proposait de tester une voiture pendant un WE spécial à Marcoussis mais découvrant ça environ deux jours avant, aucune chance de pouvoir le faire et je laisse tomber, on verra une autre fois.

Cela dit, Tesla a de bons commerciaux puisque 2 semaines après le fameux WE, un de ceux-ci me rappelle, me proposant de venir à Gennevillers — le siège actuel – pour discuter le bout de gras^Wla voiture et l’essayer. C’était hier en fin d’après-midi.

Plein de Tesla !

Petite discussion sur la voiture et ses caractéristiques générales, la batterie, les moteurs, etc. on passe à l’essai proprement dit. Pas très long (environ une demi-heure) sur le port de Gennevillers (pas de circuit comme à Marcoussis, dommage) et j’avoue que c’est le coup de foudre — J’entends déjà ceux qui disaient au dessus que j’étais foutu ; oui certes mais il y a une grosse différence entre le principe et la chose elle-même entre mes mains.

C’est une voiture superbe, plus grosse — quoique, seulement 50 cm de plus que ma Prius, très bien finie, avec un équipement qui interpelle beaucoup le geek qui sommeille en moi avec une jolie interface bien faite et efficace pour tous les paramètres de la voiture (auto-radio intégré avec FM/AM et Internet via TuneIn et Rdio), les équipements (toit ouvrant commandable au volant, caméra arrière pour les créneaux voire la conduite, un coffre énorme (700 l à l’arrière et 100 l à l’avant sur les modèles double moteurs), une ligne incomparable. Très spacieuse à l’intérieur, assez sobre ce qui me plait bien.

Bref, à conduire c’est un grand plaisir. Une voiture nerveuse 2, rapide 3 — j’échangerais bien 50 km/h contre 100 km supplémentaire d’autonomie mais bon — ça aide à doubler notamment en côte, très maniable malgré sa taille. Bon freinage, direction agréable. La visibilité est assez réduite par la lunette arrière (comme sur la Prius en fait) mais la caméra compense très bien.

L’autonomie réelle — pas celle donnée dans les tests officiels des normes européennes NEDC — est entre 300 et 350 km, c’est moins que prévu mais fallait s’y attendre et le système de navigation prend plus de paramètres que j’imaginais ce qui compense pas mal. Les dénivelées sont prises en compte dans les calculs ce qui peut pas mal influer justement.

Point que j’ai oublié de mentionner : lors des freinages et descentes, la voiture va accumuler de l’énergie (jusqu’à 60 kW/h en mode normal et environ 15-20 kW/h en mode réduit). Du coup en ville, peu de besoin de freiner, il suffit de relacher l’accélérateur, la voiture ralentit très vite (bien plus qu’avec la Prius). Ça permet de récupérer de l’énergie et économiser la batterie, très bien fait.

Ca mérite d’essayer de faire un essai plus étendu, pas sûr encore de comment y arriver.

Encore des Tesla

Le système de navigation

Le centre de contrôle de la voiture est bien évidemment cet immense (17 pouces !) écran au mileu de l’habitacle.Il donne accès bien évidemment à l’autoradio et au GPS mais également à tous les paramètres de conduite et de confort. On peut tout faire, changer ceci ou cela et le logiciel est régulièrement mis à jour par Tesla tout au long de la vie de la voiture. Certaines fonctions d’auto-pilote l’ont été récemment (avec lecture des panneaux de signalisation et des marquages au sol, surveillance des distances de sécurité avec ralentissement automatique, etc.).

Habitacle et écran

Google maps sur le grand écran pour choisir la destination, laquelle est transmise au GPS Garmin intégré pour la conduite elle-même (7 ans de mises à jour incluses…), radio FM/AM et Internet — via la liaison 3G gratuite incluse ! On peut évidemment brancher un téléphone par Bluetooth. Bref, pléthore de possibilités. Très impressionnant.

Il y a évidemment deux prises USB pour recharger des équipements. Parmi les plus utiles : un système de profiles stockant un certain nombre de paramètres par conducteur, ça permet de garder avancement du siège avant, inclination, position du volant, etc. La cerise sur le gâteau, un mode « voiturier » qui limite les performances de la voiture (1/3 de la puissance, max 100 km/h) et surtout interdit de lire les données personnelles…

Je n’ai pas eu le temps d’explorer l’application mobile disponible, je sais qu’elle permet de [dé]bloquer la voiture à distance, la localiser, vérifier la batterie, etc. Pas essentiel pour le test :)

Avec l’auto-pilote, il y a aussi un système de parking/créneaux automatique (même si vu la taille de la bête, la garer n’est pas forcément facile).

Je dois sûrement oublier des choses :)

La recharge

Il n’existe encore que 21 « Superchargers » — nom des stations de chargement rapide de Tesla — en France, d’autres sont en préparation (c’est un peu visible sur la carte, voire l’adresse plus bas) dont notamment m’a confirmé le commercial 4 autour de Paris — Marne-la-Vallée, Rungis, une au nord-ouest je crois et une dans les Yvelines. C’est le moyen le plus connu et le plus rapide mais il reste rare et principalement mis sur les axes autoroutiers — ce qui a un sens.

En fait, au jour le jour, la/le propriétaire d’une Tesla va principalement la recharger chez elle/lui avec le cable fourni, soit sur une prise classique 220V/16A — lent ! — soit par une prise « améliorée » monophasée 220V/32A voire « triphasée » 380V/16A — plus chère à l’installation. Je ne sais pas encore l’option prise par mon voisin mais à supposer que je me lance, ça serait probablement l’option 2, du monophasé plus péchu. À voir avec EDF.

À noter que la recharge est programmable, pour limiter celle-ci aux heures creuses, pratique.

MAJ : ne pas oublier que depuis 2012, les nouveaux immeubles doivent être équipés et qu’une co-propriété ne peut s’opposer à la mise en place d’une prise par un co-propriétaire ; c’est le « droit à la prise » né grâce — une fois n’est pas coutume — au Grenelle 2.

Voir ici, ici ou encore ici où on peut voir que les immeubles de bureau doivent aussi s’équiper.

Notons qu’à titre personnel, il ne me serait pas possible de la recharger au boulot pour des raisons administratives un peu idiotes (qui ont été mises en place suite à des abus, comme souvent…)

Pour recharger dans d’autres stations, la situation se complique, il y a plusieurs normes (évidemment). Le type 2 est utilisé par les Autolib et les voitures Bolloré et je crois la Zoë Renault. D’autres stations ont un type 3 voire d’autres. Un nouveau système, né au Japon par Nissan (et co-financé par Tesla) s’appelle CHAdeMO et permet des recharges plus rapides que les précédents. Tesla dispose d’adaptateurs — payants — pour les principaux systèmes, y compris CHAdeMO.

Plus d’informations sur ce site ici

Voici les principales prises en Europe :

Prises

Voir Wikipedia pour les différentes normes — ici. Il existe par ailleurs un site communautaire les recense par ailleurs en France et dans le monde Chargemap. À explorer.

Chargemap

Pas évident donc mais a priori pour mes trajets, la recharge à domicile est suffisante, les superchargers étant plus pour les longs voyages et la couverture de ceux-ci s’améliore.

En vrac

Vu l’architecture de la voiture, surtout pour la 4 roues motrices et le(s) moteur(s) électrique(s), la maintenance est bien moindre qu’une voiture à moteur thermique classique (voire hybride), moins de pièces en mouvement, moins de fluides qui circulent, etc.

Aides de l’État pour les véhicules propres (ça aide, on est à 6 300 € pour la Tesla), assurance peut-être moins chère, révisions conseillées à une par an et évidemment plus simples, sont des points intéressants.

On parle aussi d’une voiture dont la partie logicielle, essentiel dans ce cas, est mise à jour régulièrement ce qui assure une évolutivité difficilement atteignable une thermique. La mise à jour de la partie matérielle est aussi possible et il est tout à fait envisagé par Tesla de permettre de changer la batterie dans 5 ou 8 ans en tenant compte des évolutions technologiques dans le domaine (ce qu’ils ont déjà fait dans le cas des Roaster).

MAJ : Tesla propose une assistance 24/7 à leurs clients. Pour ce qui est des pièces habituelles (freinds, amortisseurs, etc.) tous les garages peuvent le faire. Pour la carrosserie, un garage agréé aluminium pourra intervenir. Pour les pannes plus importantes, c’est rapatriement de la voiture chez Tesla ou intervention sur place par un technicien itinérant. En cas de panne de plus de 4h, il y a prêt d’un modèle S ou d’autre voiture équivalente (Audi/Mercedes/BMW).

Parlons des choses qui fâchent

Le prix. Évidemment. Difficile d’ignorer que le premier modèle de Tesla commence à plus de 70 000 € (et ça va un peu augmenter, les Tesla étant produites aux USA, les prix dépendent de la parité € - US$ qui ne cesse de baisser). Qu’il y a des options pas données non plus (comme les autres voitures évidemment mais vu la production forcément plus faible que les grands, ça compte). Que ce sont des voitures dont le prix avoisine celui d’une maison en province.

La contrepartie reste une voiture exceptionnelle, à la fois performante et propre, un mélange difficile à avoir jusque maintenant.

Il y a différentes possibilités de le financement, un prêt classique (les taux sont assez bas en ce moment) ou un Leasing avec option d’achat (LOA). Tesla garantit par ailleurs une reprise à 50% du prix de la voiture (43% pour les options) après 3 ou 4 ans. Personnellement j’ai toujours acheté mes voitures mais le LOA peut être une option intéressante pour changer de modèle à la fin. Apparemment certains clients rachètent la voiture et la revende eux-mêmes aussi. J’en suis pas encore là :)

Si l’assurance est moins chère et l’entretien moins coûteux (-35% d’après Tesla), je sais déjà que j’économiserais environ 2 500 €/an d’essence, c’est déjà ça. Il faudrait faire un calcul de Coût effectif de possession (le fameux TCO — Total Cost of Ownership) et comparer. C’est pas vraiment mon truc en fait, je suis pas bons avec les chiffres et ce genre de calcul.

Les modèles

La gamme vient justement de changer (en mieux !) :

  • la 70D (pour Dual) — 4 roues motrices, batterie de donc 70 KWh ;
  • la 85D (mais configurable aussi en propulsion) ;
  • la P85D (pour Performance).

La 3e est vraiment hors de prix (plus de 100 000 €) et dispose de performances qui n’ont que peu d’intérêt en France (peut-être en Allemagne, et encore). Qui s’intéresse à la différence entre 3,1 s et 5,4 s pour 0 à 100 km/h ?

L’unique différence entre la 70D et la 85D est donc environ 50 km d’autonomie (les options restent les mêmes). Est-ce que ça vaut 10 000 € de différence ? Je ne pense pas. Pour la 85 non D, même si les inconvénients des propulsions sont bien moins importants qu’il y a 10 ou 15 ans, je n’en veux pas.

Conclusion

Cette voiture est phénoménale. C’est un plaisir à voir et à conduire et ce, sans polluer l’atmosphère ni consommer d’essence. C’est aussi un changement dans la manière d’aborder la voiture et son utilisation vu les contraintes liées à la recharge et l’autonomie.

Elle est aussi chère, très chère. Tout le monde ne peut pas s’en acheter une et pour beaucoup, les hybrides et les petites électriques urbaines vont rester une option plus abordable. Pour moi qui fait 100 km par jour, elles ne sont pas pratiques (pour les 2e) et les 1ères sont chères pour des voitures qui continuent de polluer.

Est-ce le prix à payer pour avoir une voiture non polluante et ne consommant pas d’énergie fossile ? Peut-être, c’est à chacun de répondre à cette question en fonction de son budget et de ses possibilités.

Est-ce raisonnable pour moi, qui n’est pas un budget si contraint que beaucoup ? Probablement pas, ça reste beaucoup d’argent. Vais-je le faire ? La question relève moins du « si » que du « quand » parce que pour moi, c’est l’avenir.

De plus, ne pouvant pas grand chose à mon niveau pour empêcher le réchauffement climatique, si dépenser cet argent est une manière d’aider dans ce sens, alors je suis prêt à le faire. Appelons ça une contribution pour l’intérêt général.

Vous n’êtes pas forcés de croire à mon altruisme ceci étant. Je ne cache pas non plus que le fait que cette voiture soit belle et me plaise est évidemment un point important mais le critère premier est et reste pour moi — et le choix de la Prius à l’époque en faisait partie – cette volonté de réduire mon empreinte sur cette terre.

Rappel important : nous n’avons qu’une seule planête.

Et l’hydrogène ?

C’est une des autres technologies qui démarre assez fort aussi, poussée notamment par Toyota (qui ne croit pas en la voiture toute électrique) mais ça reste encore peu répandu malgré ses avantages (recharge en quelques minutes, abondance de l’hydrogène) du fait aussi de ses inconvénients (hydrogène compliquée à stocker en sécurité et peu de stations disponibles). L’anecdote amusante est que Elon Musk ne croit pas du tout dans ce système :)

Peut-être dans 5 ans ?

Références

Photos

Les photos viennent soit de Wikipedia Commons soit prises par votre serviteur. Elles sont stockées en local pour réduire les temps de chargements.

Notes

  1. J’avoue que pour moi, le concept hybride diesel-électrique est assez antinomique mais bon…

  2. Le modèle que j’ai testé est une ancienne P(erformance) 85 (KWh) à propulsion. Pas le modèle qui pourrait m’intéresser mais qui donne une bonne idée.

  3. Elle est donnée pour 250 km/h ce qui n’a aucun sens en France mais ils ne peuvent pas avoir 36 modèles non plus.

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